Genève // Black Movie 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+

A Hard Day01Hard Day, Kim Seong-hoon

 

À CORPS PERDU: BLACK MOVIE CONTRE VENTS ET MARÉES
16-25 janvier 2015

 

Elle rugit, elle déferle, elle s’abat, implacablement, la vague noire de la 16ème édition de Black Movie. Elle macule l’affiche du festival, elle se fracasse sur les écrans, elle s’infiltre dans les esprits engourdis. Elle charrie avec elle 112 films rescapés des eaux troubles du cinéma indépendant international, dont 51 en première suisse et 12 en première européenne. Autant d’écoutilles ouvertes sur des sociétés en pleine schizophrénie, qui tanguent entre espoir et chaos, entre salut et naufrage.

 

Regards du présent, cinéastes de demain

 

Avec pas moins de 22 réalisateurs conviés, Black Movie est le trait d’union idéal entre public et auteurs du monde entier. Invité d’honneur, Wang Bing est le témoin sans concession de la Chine des oubliés, récompensé dans de nombreux festivals. Il nous gratifiera d’une master class et présentera dans la section À MAINS NUES une rétrospective sélective de sa filmographie, dont À l’ouest des rails (projeté dans son intégralité au Musée d’Ethnographie de Genève), L’argent du charbon, L’homme sans nom, ‘Til Madness Do Us Part, et Traces.

Ils sont certainement moins célèbres mais préfigurent le cinéma de demain : 13 cinéastes se déplaceront pour présenter leur premier long métrage, dont Davi Pretto (Castanha), Zhou Hao (The Night), Lee Yong-seung (10 Minutes), Jamshid Mahmoudi (A Few Cubic Meters of Love), Jorge Yacoman (La comodidad en la distancia), Chika Anadu (B For Boy), Kanu Behl (Titli), Dwein Balthazar (Mamay Umeng) et Egome Amah (Les Hustlers).

Les favoris du festival ne sont évidemment pas en reste, et on retrouve dans la traditionnelle section À SUIVRE… (exceptionnellement rebaptisée AVOIR DU NEZ) les nouveaux films de Hong Sangsoo (Hill of Freedom), du toujours décoiffant Takashi Miike (Over Your Dead Body), de Rehad Desai (Miners Shot Down), de Park Jungbum (Alive) et de Dieudo Hamadi, lauréat du Prix des Jeunes Black Movie 2014, qui nous revient avec le documentaire Examen d’Etat.

 

Una Noche sin luna03Una noche sin luna, German Tejeira

 

Le corps dans tous ses états

 

Black Movie dissèque sa programmation pour mieux la recomposer en sections thématiques, instaurant un dialogue inédit et anatomique entre films à forme et fond comparables.
Dans À COEUR OUVERT, l’amour est au centre de chorégraphies mortelles et de chassés-croisés temporels.
L’actrice Yana Novikova viendra présenter The Tribe de Myroslav Slaboshpytskiy, film ukrainien entièrement tourné en langage des signes, qui dépeint l’ascension d’un adolescent dans le cercle mafieux régnant sur une institution pour sourds et malentendants. Âmes sensibles s’abstenir… Cupidon fait mouche dans l’univers foutraque de Hentai Kamen (Yûichi Fukuda), et durant la nuit du réveillon de Una noche sin luna (German Tejeira), mais rate sa cible dans le Moscou désenchanté de Another Year (Oxana Bychkova).

Impossible de rester de marbre devant la sélection de LA PEUR AU VENTRE, qui prend aux tripes et met à l’épreuve les esprits les plus endurcis. Course contre la montre effrénée dans Hard Day (Kim Seong-hoon), trip moyenâgeux halluciné dans Hard to be a God (Aleksei German), conflit sans gloire dans Fires on the Plain (de Shinya Tsukamoto, le papa de Tetsuo), et injustice terrible dans Los años de Fierro (Santiago Esteinou). Autour de ce dernier, une table ronde sera organisée en présence du réalisateur et d’un représentant d’Amnesty International.

On retrouve dans LA PRUNELLE DE NOS YEUX les films soumis au regard aiguisé de notre Jury de la Critique, composé cette année de Arthur Dreyfus (Vogue, Holiday), Øystein Egge (Z Filmtidsskrift), Laurent Guido (Université Lille Nord de France), Roberto Rippa (Rapporto Confidenziale) et Virginie Sélavy (Electric Sheep).

MICROBE: LE PETIT BLACK MOVIE, section incontournable consacrée au meilleur de l’animation mondiale, propose 56 films pour les enfants, scruté par un jury de trois professionnels qui remettra pour la première fois le prix RTS KIDS. Une attention particulière est donnée cette année au Brésil, notamment représenté par deux films : Ô menino et ô mundo de Alê Abreu (primé au dernier Festival d’Annecy), et Sinfonia Amazônica de Anielo Latini, premier long métrage d’animation brésilien produit en 1953. Les plus grands ne seront pas en reste avec les films de VIRUS: LE PETIT BLACK MOVIE POUR ADULTE, aux accents décalés et doux-amers.

 

Castanha09Castanha, Davi Pretto

 

À voir et à penser

 

Des films, mais pas seulement. Thuy-An Hoang et Xavier Erni, éditeurs de Poster Tribune, en collaboration avec le National film Center de Tokyo, proposent à la Halle Nord une exposition de 40 affiches de films de l’Art Theatre Guild, maison de production underground qui a donné naissance à la nouvelle vague japonaise des années soixante. Une conférence et une visite guidée seront organisées à cette occasion par Hidenori Okada, conservateur, tandis que trois films emblématiques de cette période seront projetés, en 35mm, dans la section SEXTIES: Les funérailles des roses (Toshio Matsumoto), Mujo (Akio Jissoji), Premier amour, version infernale (Susumu Hani).

Malgré les événements qui ont récemment secoué le Burkina Faso, le projet de réhabilitation du Ciné Guimbi, soutenu dès ses débuts par Black Movie, est toujours en cours, et une conférence spéciale présentera l’évolution incroyable du chantier.

 

Loges rouge et noire

 

Le Festival vibrera une nouvelle fois en compagnie du Boreal Coffee Shop, sponsor du Prix du Public, qui prend ses quartiers à l’entrée des Cinémas du Grütli, et ouvre une donuterie au 3ème étage de la Maison des arts du Grütli. La collaboration se poursuit avec le Kino Kabaret, qui invite artistes et techniciens à participer à un véritable laboratoire de création: pendant trois jours, ils réaliseront une série de courts métrages présentés ensuite au public.

Le coeur de Black Movie bat avec tous les cinémas, tout comme celui de l’artiste Cetusss, qui décore trois espaces en hommage à la mystique et mythique série Twin Peaks.
Le Grütli accueille en son sein la très onirique Black Lodge et le Great Northern Hotel, salle de cinéma sur mesure. Le bar adjacent au Spoutnik devient le Gunbalow, théâtre des nuits blanches indissociables du Festival.

 

 

PAINT IT BLACK!

Black Movie: 112 films sur dix jours du 16 au 25 janvier 2015

Le festival à portée de clic sur www.blackmovie.ch

Black Movie

Share on FacebookTweet about this on TwitterShare on Google+